Publié le 11 juin 2026

Patrimoine : l'autobus fête ses 120 ans
Le 11 juin 1906, les Parisiens découvrent un nouveau moyen de transport qui va transformer durablement leur quotidien : l'autobus.
Ce jour-là, la ligne AM reliant Montmartre à Saint-Germain-des-Prés devient la première ligne d'autobus de la capitale. Une innovation qui marque le début d'une nouvelle ère pour les déplacements urbains.
Quand Paris passe du cheval au moteur
Au début du XXe siècle, l'automobile fascine. L'industrie est en plein essor, les expositions universelles célèbrent le progrès technique et le Salon de l'automobile attire les foules.
Dans ce contexte, la Compagnie générale des omnibus (CGO) lance un concours pour concevoir un véhicule de transport collectif à traction automobile. Le vainqueur est un modèle qui fera date : le Brillié-Schneider P2, un autobus à impériale capable d'accueillir des voyageurs sur deux niveaux.
Le succès est immédiat. Dès l'année suivante, six nouvelles lignes sont équipées. En quelques années, l'autobus s'impose progressivement dans le paysage parisien, remplaçant peu à peu les omnibus à chevaux puis les tramways.
Plus rapide, plus confortable
Pour les voyageurs de l'époque, l'autobus représente un véritable progrès.
Plus rapide et plus confortable, il permet de réduire les temps de trajet dans une ville en pleine expansion. Face à l'engouement du public, la CGO commande rapidement 151 véhicules Brillié-Schneider et expérimente plusieurs formats afin d'identifier les meilleures solutions en matière de confort, de capacité et de rentabilité.

Dans la pratique
Les voyageurs montaient à bord par une plateforme arrière où se tenait le receveur. C'est lui qui donnait le signal du départ au conducteur grâce à une commande de cloche. Une chaîne gainée de cuir indiquait les zones d'accès, tandis qu'un panneau « complet » était déployé lorsque le véhicule atteignait sa capacité maximale.
Autre particularité : leur construction faisait largement appel au bois. Chêne, frêne, sapin... La structure, la toiture et une grande partie des aménagements intérieurs reposaient sur ce matériau, qui restera largement utilisé jusqu'aux années 1940.
Une modernisation continue
Le développement de l'autobus s'accompagne rapidement d'améliorations techniques.
À mesure que la vitesse augmente, les questions de sécurité deviennent prioritaires. En 1910, la CGO introduit ainsi les Schneider PB2, des autobus à un seul niveau, mieux adaptés aux nouvelles conditions d'exploitation.
Le confort progresse également. Les premiers véhicules roulent sur des bandages en caoutchouc qui provoquent d'importantes vibrations, régulièrement critiquées par les voyageurs. Les pneumatiques, plus agréables mais aussi plus coûteux, ne se généraliseront qu'à partir de 1929.
Une innovation qui a changé la ville
En introduisant l'autobus dans les rues de Paris, la CGO ne se contente pas de lancer un nouveau véhicule. Elle ouvre la voie à une transformation profonde de la mobilité urbaine.
Et aujourd'hui
Plus d'un siècle plus tard, alors que les transports publics continuent d'évoluer vers l'électrique, le biométhane ou encore l'hydrogène, l'arrivée du premier autobus parisien rappelle qu'une innovation peut durablement transformer la manière dont une ville se déplace.
