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#1 Qualité de villes

Rêver la ville

Deci-delà pointent des architectures surprenantes, où le végétal le dispute au minéral, où le bois vient tordre le cou aux années de béton. Comme si la ville se faisait biomi métique, symbiotique… sympathique ? Finirons-nous par cultiver nos jardins à même nos façades ? Grimpons dans le téléphérique, pour contempler la ville depuis les airs.

Vincent Callebaut et Marie-Claude Dupuis nous éclaire sur ces différents sujets.

Interview de Vincent Callebaut

Il se définit lui- même comme « archibiotecte », porteur d’une approche hybridant architecture, biologie et technologies de l’information et de la communication. Son leitmotiv ? Transformer les villes en écosystèmes, les quartiers en forêts et les édifices en arbres. Diplômé de l’Institut supérieur d’architecture de Bruxelles en 2000, il décide dès le début d’utiliser son métier pour proposer de nouvelles solutions, durables. S’il a tout d’abord attiré l’attention à l’étranger, son projet pour Paris 2050 a montré l’application de ses idées dans nos villes aux fortes contraintes patrimoniales et urbanistiques. Rencontre avec l’un de ceux qui bâtissent la ville de demain.

Face aux défis actuels, vous proposez une ville de symbiose entre l’humain et l’environnement. Comment la concevez-vous ?

V.C. : Après avoir construit la ville sur la nature, puis la ville sur la ville, l’enjeu est désormais de rapatrier la nature au cœur de la cité. Dans cette perspective, je conçois mes projets selon quatre piliers. D’abord la décentralisation énergétique, qui passe par des bâtiments à énergie positive utilisant des matériaux naturels, intégrant les énergies renouvelables – éolien, solaire, thermique – et recyclant leurs déchets. Le deuxième, c’est l’agriculture urbaine. On aborde la végétalisation sous l’angle nourricier, en ramenant des lieux de production sur les bâtiments, donc au plus proche des lieux de consommation. Ensuite, il y a la dimension sociale. On aime rappeler qu’une ville écologique nécessite la construction d’un projet commun auquel tout le monde adhère. Aujourd’hui, dans nos phases de conception, on travaille avec les riverains. Ils nous disent ce qui leur manque, leurs attentes. C’est essentiel si l’on veut que la ville reflète leurs envies. Enfin, le dernier pilier concerne la mobilité.

Justement, sur ce point, comment concevez-vous les déplacements dans cette ville densifiée, où services, loisirs, lieux de vie et de travail sont à proximité immédiate ?

V.C. : Si l’on veut arrêter l’étalement urbain à l’horizontale, cela implique d’abandonner la conception de la ville comme corps humain, avec ses organes complémentaires. Cela a engendré des besoins de raccordement, donc des artères vouées au tout automobile. Aujourd’hui on voit une marche arrière, les voies sur berges rendues aux piétons, par exemple, ou le Grand Paris Express, qui illustre ce souhait de redensifier, de relier les pôles secondaires. De fait, il y a une explosion de la demande de transports en commun, et de mobilité douce en général. Bien sûr, lorsqu’on parle de raccourcir les distances entre lieux de vie, de loisirs, de travail, de consommation, de production, cela génère parfois la crainte de l’autarcie, liée à l’idée d’un « tout piéton ». Mais je pense que chaque quartier va valoriser sa propre identité et qu’il y aura toujours cette envie de bouger. Et les transports en commun seront la réponse attendue pour relier. Aujourd’hui, par exemple, pour notre projet d’immeuble de bureaux dans le Port du Rhin, à Strasbourg, on essaie de développer du transport doux avec des navettes fluviales. Je suis convaincu que tous ces transports en commun, qu’ils soient souterrains, aériens, fluviaux, vont se développer de plus en plus.

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Transformer les villes en écosystèmes
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Demain, tous habitants de farmscrapers
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Méler technologies et design vert

Interview de Côme Berbain

Si la nature réinvestit les rues de nos villes, comment nous déplacerons-nous demain ? Sans doute en utilisant encore mieux l’espace urbain et, pourquoi pas, en le survolant. Pour Côme Berbain, directeur de l’innovation au sein du groupe RATP, si la nature réinvestit le sol de nos villes, de nouveaux espaces d’innovation s’ouvrent, y compris dans l’aérien.

Pour une moindre emprise au sol, la solution aujourd’hui, c’est le câble urbain ?
C. B. : Oui, mais c’est une solution réservée à des contextes géographiques très particuliers : franchissement d’un fleuve, forte pente. Le câble urbain existe depuis longtemps. Aujourd’hui, à Porto comme à Brest, il reste d’actualité et apparaît de façon récurrente dans des projets en Île-de-France. Entre Vélizy et Boulogne par exemple, dans la boucle de la Seine, il permettrait de soulager la congestion de la N118 liée aux intempéries hivernales.

Le Groupe a annoncé en 2019 un partenariat avec Airbus et Aéroports de Paris. Des taxis volants au-dessus de Paris, c’est pour demain ?
C. B. : Pas tout à fait ! Adapter la technologie des drones pour transporter des passagers a libéré les fabricants de la complexité technique des hélicoptères et suscité énormément d’intérêt, avec plus de 250 projets de taxis volants dénombrés dans le monde. Mais peu d’acteurs sauront transformer ce rêve en service commercial. C’est ce que vise notre partenariat : fabriquer une offre de service, explorer toutes ses dimensions – sur quels immeubles pourra-t-on se poser ?

Comment gère-t-on la propreté à bord ? – mais aussi l’articuler aux autres modes, de façon très concrète : si le taxi se pose sur un toit, comment accède-t-on à l’ascenseur du bâtiment ? Combien de marches séparent un mode d’un autre ? La complémentarité n’a de sens que si elle est fluide. C’est la condition de son appropriation par les usagers.

Avec un autre partenaire, le Massachusetts Institute of Technology, vous vous intéressez aux curbs. Une autre façon de bien utiliser l’espace urbain ?
C. B. : Oui, on peut libérer de l’espace au sol mais on peut aussi mieux utiliser l’existant. Le curb, c’est cette partie de la voirie située à mi-chemin du trottoir et de la chaussée, un espace multifonctionnel très sollicité et très impacté par les nouvelles mobilités : on y gare Vélib’ et trottinettes, on y aménage des pistes cyclables, on y implante les bornes de recharge électrique. C’est aussi un espace où circule et s’évacue l’eau utilisée pour nettoyer les trottoirs. Alors pourquoi ne pas mixer ces différents usages et faire de ces espaces des îlots de fraîcheur végétalisés et polyvalents ?

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– Retrouvez le sommaire de Qualité de ville : https://ratpgroup.com/fr/news/qdv1-sommaire/

– Découvrez l’édito de Catherine Guillouard : https://ratpgroup.com/fr/news/qdv1-edito/

– Découvrez l’interview de G.Hampton, bioacousticien et cofondateur de Quiet Parks International : https://ratpgroup.com/fr/news/qdv1-temoins-g-hempton/

– Découvrez l’interview de N.Machon, professeure d’écologie au Muséum national d’histoire naturelle : https://ratpgroup.com/fr/news/qdv1-temoins-n-machon

– Découvrez de quelle manière les transformations de la nature en ville éclairent la tendance actuelle à la végétalisation : https://ratpgroup.com/fr/news/qdv1-pour-memoire/