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Profiter de la crise pour changer les choses

 

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Stéphane Baudet

Publié le

Maire d’Evry-Courcouronnes

  • Président de l’Association des Maires d’Île-de-France.

  • Président délégué de la Communauté d’agglomération Grand Paris Sud.

  • Vice-président du conseil régional d’Île-de-France.

Maire d’Evry-Courcouronnes

  • Président de l’Association des Maires d’Île-de-France.

  • Président délégué de la Communauté d’agglomération Grand Paris Sud.

  • Vice-président du conseil régional d’Île-de-France.

Les maires ont été en première ligne pendant la crise sanitaire. Comment voyez-vous le rôle des élus de proximité dans la période post Covid-19 ?

Les élus locaux ont cette particularité de vivre dans deux espaces-temps en permanence. Ils doivent gérer l’ultra quotidien de leurs habitants et bâtir la ville pour les générations futures. Pour la première fois, c’est peut-être toute notre organisation sociale qui va devoir se donner les moyens de faire les deux en même temps, en changeant de modèle face aux conséquences de la crise.
Qu’il s’agisse des transports, du télétravail et du lissage des heures de pointe, ou même de l’organisation scolaire parce que si le protocole sanitaire actuel – même un peu allégé – est maintenu à la rentrée, on sait déjà que nous ne pourrons plus accueillir tous les enfants en même temps. Il va donc falloir travailler collectivement à dégager des moyens, s’interroger sur notre productivité globale en regard des enjeux pour la planète. Prenons l’exemple des surinvestissements qui sont faits pour gérer les heures de pointe dans les transports en commun. La Région Île-de-France investit 24 milliards d’euros entre 2015 et 2025 pour gérer 4 à 5 heures de pointe quotidiennes. J’aime à reprendre cette formule que j’utilisais déjà en 2010 et qui consistait à dire que le meilleur des déplacements c’est celui que l’on n’a pas à faire. Et bien nous y sommes !

Cette crise nous montre aussi qu’il peut y avoir des solutions et que ces solutions sont elles-mêmes porteuses de moyens. Il n’est pas forcément nécessité d’aller chercher des moyens nouveaux mais d’en réorienter certains. Quand les entreprises se rendent compte qu’avec 30 ou 40% de télétravail dans leurs locaux, elles peuvent quasiment réduire de 60% leur surface de bureaux, cela signifie des milliers de mètres carré qui deviennent disponibles pour un programme de mutation d’immeubles de bureaux en logements, cela peut à terme atténuer la surcharge de gares de transports telles que La Défense.

Les sujets sur le monde que l’on peut réinventer – toujours sur fond de transition écologique et sociale et de révolution numérique et digitale – sont extrêmement larges. Si on capitalise sur les enseignements de la crise sanitaire, si l’on tient compte de la crise démocratique que l’on vit depuis plusieurs années, et de l’appréhension que l’on a de la crise économique à (re)venir, ce peut être le salut de notre pays, et aussi un moyen de sauver notre système institutionnel et politique qui risque de beaucoup, beaucoup bouger dans les deux années à venir.

La crise a-t-elle resserré les liens entre les élus franciliens ? Créé d’autres façons de travailler, d’autres solidarités ?

Oui clairement. Notamment d’une collectivité à l’autre. L’intercommunalité, même si elle n’était pas installée en l’absence d’un second tour des élections municipales, a montré qu’elle pouvait avoir une cohérence pour éviter que des maires ne prennent des initiatives seuls et sans cohésion territoriale.

Par exemple un arrêté de couvre-feu, ou d’interdiction de circuler dans la rue sans masque. Que fait-on s’il est pris dans une commune et pas dans la commune voisine ?
La relation a été très forte entre villes, agglomérations, départements et région, notamment pour créer des capacités d’achat communes de masques, gants, gel, surblouses… À quoi s’ajoute un formidable travail collaboratif mis en œuvre entre toutes les collectivités grâce aux outils et moyens numériques à notre disposition ; groupes WhatsApp, visioconférences, audioconférences…

Des réunions transversales régulières ont été organisées y compris avec le Préfet de Région, Michel Cadot, dont je veux souligner la disponibilité et la réactivité. Avec le directeur général de l’ARS Île-de-France, Aurélien Rousseau, ils ont été des piliers sans lesquels la crise aurait été beaucoup plus grave dans notre région. Et que dire de l’investissement de la Présidente de la Région, Valérie Pécresse, sur tous les fronts auprès des communes.

La crise sanitaire a-t-elle mis en lumière la fragilité de l’Île-de-France, à la fois grand pôle économique européen et région hyperdense, donc particulièrement exposée au Covid-19 ?

Oui par sa densité. Mais elle a surtout démontré sa résilience dans son organisation. Dans ce que nous avons à construire maintenant, il va falloir mettre cette résilience en avant. On sait tous que l’Île-de-France est une terre de contrastes, à la fois riche et pauvre. Elle représente 30% du PIB national et donc à ce titre, elle est une locomotive et si l’Île-de-France ne redémarre pas, le pays ne redémarrera pas. En même temps, elle concentre une extrême pauvreté et des difficultés territoriales, urbaines et sociales que d’autres régions ne connaissent pas et qui peuvent être un frein. Mais j’insiste, elle possède une capacité de résilience extraordinaire.

Après la gestion de l’urgence, quels nouveaux réflexes adopter ? Comment mieux gérer la « ville d’après » ?

Il faut avoir le courage de profiter de la crise pour changer les choses. C’est ce que je fais dans ma ville quand je crée, pendant la crise, 31km de voiries cyclables sur les routes. Elles sont provisoires mais je sais aussi qu’à la fin, plus de la moitié deviendront définitives. Sans la crise, cela n’aurait pas pu être possible en raison de la résistance de certains usagers mais, dans ce contexte, ils sont plus ouverts au changement. Cela prouve qu’avec un peu de courage politique, on peut enclencher des évolutions immédiatement.

la Région Île-de-France possède une capacité de résilience extraordinaire