Qualité de villes, le magazine du groupe RATP qui donne à voir LA VILLE AUTREMENT.

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Mémoire

Villes attractives, la revanche du soft

Le Moyen-Âge a vu émerger la métropole de l’échange, les révolutions industrielles ont fait naître la métropole de l’industrie. Intimement liée aux règles du jeu économique, la croissance des villes s’explique par leur capacité à assumer avec brio certaines fonctions clés.
Une alchimie indispensable à leur attractivité, dont les composantes évoluent néanmoins. Nous avons questionné Lise Bourdeau-Lepage, professeure de géographie à l’université Jean-Moulin Lyon 3, sur ces changements qui introduisent une nouvelle considération pour le bien-être.

Aujourd’hui, le pouvoir est aux métropoles globales, ces villes alpha que sont New York, Londres, Paris, Shanghai, Hong Kong ou Singapour. Leur capacité d’adaptation aux changements majeurs intervenus depuis 1970 leur permet d’exercer la fonction première attendue de leur rang : coordonner des activités complexes et lointaines à un niveau international. Ainsi, « elles sont le sceau le plus éclatant de la nouvelle configuration spatiale des activités économiques à l’échelle du monde », constate Lise Bourdeau-Lepage.

Leurs facteurs d’attractivité ? Ils se combinent et s’alimentent, renforçant toujours leur force d’attraction. Car elles sont à la fois le lieu du pouvoir économique, de la vitalité du marché, et l’espace où les talents se localisent, où la diversité et la synergie sont à leur sommet. Elles offrent toutes les proximités attendues – virtuelle, permanente, temporaire – car elles cumulent toutes les infrastructures de qualité : des transports à la fibre optique.

Effets de surcharge

Mais, confrontés à une surcharge à la fois environnementale et virtuelle, leurs habitants expriment le désir de ralentir, de se reconnecter à eux-mêmes, aux autres, à la nature.
En réponse, ils se tournent davantage vers les espaces porteurs de ces aménités que sont les restaurants, cafés, associations, les parcs et jardins. « Les cadres étant plus sensibles à cela, les entreprises y prêtent une attention grandissante.

Aux côtés des facteurs classiques, elles vont désormais chercher des lieux pourvus de ces aménités. On assiste donc à un renforcement des facteurs soft d’attractivité. » Le mouvement est d’autant plus fort qu’il est concomitant à une prise de conscience écologique. « C’est ce que je nomme “l’homo qualitus” : il pense son bien-être autrement, en plaçant haut son désir de nature et de protection de l’environnement. »

Vers les villes du bien-être ?

« J’identifie et je mesure ce que les habitants jugent indispensable à leur bien-être, explique Lise Bourdeau-Lepage, pour que les aménagements urbains tendent à y répondre. » Et les pistes ne manquent pas. « À partir du moment où l’on pense la ville en mettant l’humain au centre, on peut envisager les choses autrement. »

Car toutes les propositions actuelles – ville résiliente, ville sobre, ville verte, ville du quart d’heure, ville malléable – prennent en compte ce désir de bien-être. « La crise sanitaire n’a pas supprimé la puissance d’attraction des métropoles. Mais elle a mis en lumière leurs maux et a permis de renouveler la façon de les penser. Il est possible de remédier à ces maux en prenant en compte les aspirations des habitants, pour aménager autrement. »

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