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Décryptage

Crise sanitaire : comment réinventer la mobilité ?

La crise sanitaire a rebattu les cartes de la mobilité. L’usage de la voiture individuelle a progressé de 4,4 points depuis la pandémie tandis que l’utilisation du vélo bondissait de 44%. Comment articuler les différents modes de déplacement urbain et redonner le goût du transport collectif pour conjuguer cohésion sociale, respect de l’environnement et efficacité économique ?

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L'usage des transports publics fragilisé par la crise sanitaire

La crise sanitaire reste la principale raison de cette baisse de fréquentation des transports publics : le travail à distance, les salles de sport et commerces fermés engendrent des divertissements et déplacements limités.

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L’autosolisme est le grand gagnant

71% des Français ont pourtant conscience que l’autosolisme peut nuire à leur qualité de vie en raison de la pollution qu’il génère.

MANIFESTE DE L’UTP POUR UNE MOBILITÉ DURABLE

 

L’UTP interpelle les candidats à l’élection présidentielle pour renforcer l’expertise française dans le domaine de la mobilité durable et des transports publics au travers de quatre axes structurants.

1# Des transports publics urbains et ferroviaires au service du développement social et économique

  • Soutien pérenne et chiffré de l’État aux projets de développement de services et d’infrastructures.
  • Modernisation du réseau ferroviaire.
  • Valorisation urbaine autour des hubs de mobilité.
  • Renforcement du leadership français dans le domaine des transports publics.

2# Pour une mobilité respectueuse de la planète

  • Transfert du fret vers le rail et le fluvial.
  • Verdissement des flottes de transports publics.
  • Développement de la mobilité durable (éducation, formation…).

3# Des transports sûrs pour tous, en toutes circonstances

  • Renforcement de l’accessibilité des réseaux.
  • Amélioration de la sûreté et de la lutte contre la fraude.
  • Essor de la multimodalité.
  • Continuité du service au public.
  • TVA à 5,5% pour les transports du quotidien.

4# Pour un financement pérenne et une gouvernance cohérente de la mobilité durable

  • Principe du pollueur-payeur.
  • Sanctuarisation du versement mobilité.
  • Taxation des livraisons par voie routière.
  • Attribution aux AOM qui le souhaitent de l’ensemble des compétences relatives à la mobilité.

Sources : Bilan annuel des transports en 2019, ministère de la Transition écologique. Institut Paris Région, Note Rapide, novembre 2021. Observatoire de la mobilité 2021 de l’UTP.

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« Les mobilités actives sont tout à fait complémentaires aux transports publics. »

Stéphanie Lopes d’Azevedo
Directrice générale par intérim et directrice du département Affaires économiques, techniques et prospective de l’UTP

L’UTP souhaite voir doubler la part modale du transport public urbain et du transport ferroviaire : avec la crise sanitaire, quels défis doivent relever les opérateurs de transports publics pour redonner envie d’utiliser les transports en commun et diminuer ainsi l’autosolisme ?

S. L. A. : Le premier défi est de rassurer les usagers sur le fait que les transports publics ne sont pas des lieux de contamination, une trentaine d’études le montrent. Dès le début de la crise sanitaire, nous avons par exemple mené un groupe de travail avec les représentants de l’UTP et toutes les composantes, pour étudier la ventilation au sein des différents transports publics. Suite à la publication du 4e volet de l’étude épidémiologique ComCor, nous travaillons avec l’Institut Pasteur pour analyser et affiner les résultats relatifs aux transports en commun pour réfléchir aux éventuelles actions de protection à mener si nécessaires.

Le deuxième défi est de rendre les transports publics plus attractifs. En Ile-de-France, là où le télétravail occupe une place plus importante qu’ailleurs, la réduction de l’affluence aux heures de pointe peut attirer un nouveau public qui était découragé par l’affluence. Partout en France, nous croyons aussi beaucoup au développement des transports publics grâce aux mutations géographiques engendrées par la crise sanitaire. En effet, une part des Français quitte les métropoles pour se rendre dans de plus petites villes, emportant avec eux leurs habitudes de mobilité urbaine. Cela peut être une chance pour les villes moyennes d’accroitre l’offre de transports publics.

 

Les modes de transports plus écologiques, la mobilité active et plus particulièrement le vélo séduisent de plus en plus les Français et connaissent un développement considérable depuis la crise sanitaire. Selon vous, assistons-nous ici à une transition majeure de la mobilité ? Comment les transports publics peuvent-ils se réinventer pour un meilleur respect de l’environnement ?

S. L. A. : Nous ne pouvons que nous satisfaire du développement des mobilités actives, pour des raisons écologiques, mais aussi pour des raisons de santé publique. La marche et le vélo sont tout à fait complémentaires aux transports publics. En effet, les Français sont multimodaux et utilisent dans une même journée ou semaine différents modes de mobilité. Par exemple, une personne peut se rendre au travail en vélo mais utiliser les transports publics pour ses loisirs. Les transports publics contribuent à préserver l’environnement en réduisant le taux de congestion, et donc la pollution, mais aussi en impulsant des innovations technologiques telles que la conversion des véhicules thermiques en véhicules électriques ou encore la réduction des émissions de particules fines via des systèmes innovants de freinage. C’est vraiment une tendance lourde du secteur. Depuis la loi transition énergétique pour la croissance verte, les autorités organisatrices ont pour obligation de renouveler une partie de leur parc par des véhicules à faibles, voire très faibles émissions. La durée de vie d’un bus étant de 15 ans en moyenne, cette transition va se faire très vite.

Ce qui est déterminant également bien sûr, c’est d’augmenter le nombre d’usagers : 10 personnes supplémentaires dans un métro à la place de huit voitures (à raison d’en moyenne 1,2 personnes par voiture), et l’effet est déjà positif sur la qualité de vie en ville.

 

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« Les transports publics ont un rôle social de vivre-ensemble. »

Jean-Philippe Peuziat
Directeur des affaires publiques de l’UTP

Quel est selon vous l’impact des transports publics et ferroviaires sur la cohésion sociale et territoriale ? 

J-P. P. : Tout d’abord, les transports publics ont un rôle social de vivre-ensemble : on y croise des personnes qu’on ne rencontrerait pas dans notre quotidien. Là où la voiture n’est pas accessible aux plus jeunes, aux plus âgés ou parfois aux personnes en situation de handicap, les transports publics sont accessibles à l’immense majorité des Français ; on y trouve des personnes de tout âge, issues de toutes les catégories socio-professionnelles. Les transports publics ont aussi un rôle déterminant dans la revitalisation des centres-villes. Bien souvent, c’est le dernier service public qu’il reste dans certains quartiers ou villes.

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